Articles récents:
Force Ouvrière
Pour FO, si l'allongement de ce congé est une bonne chose qui nous replace dans la moyenne des pays ...
nonenone
Le ministre vient à grand renfort de médias d'annoncer l'allègement du protocole sanitaire dans les ...
nonenone
À l'heure où cet édito est écrit nous sommes à la veille du CCN. Le Comité confédéral national où so...
nonenone
Ils ont gagné. Les salariés de Faurecia Intérieur Industrie n'auront pas à faire les frais de l'erre...
nonenone
Des dizaines de salariés de Tui France, la filiale française du géant allemand du tourisme (numéro u...
nonenone
Suivant >
nonenonenonenone
FO-TEFP 14 avenue Duquesne 75350 PARIS SP 07 - Tel : 01.53.36.33.20 -Fax : 01.53.36.33.21 - E-mail : syndicat.fo@fo.travail.gouv.fr
Tous droit reservés a FO-TEFPDate de dernière modification du moteur web: 30/01/2019 22:46

CORONAVIRUS 

Paris, le 25 mars 2020.

Cher(e)s collègues,

 

Avant toute chose nous tenons à vous apporter notre soutien dans cette situation inédite. Nous espérons vivement que vous vous portez bien, ainsi que vos proches.

Le gouvernement a annoncé des mesures qui consistent à réduire au maximum les effets de contagion du virus COVID 19 : gestes barrières avant tout, limitation des déplacements au minimum. Aucun risque inutile ne doit être pris. FO TEFP considère que ces mesures sont nécessaires mais insuffisantes et qu'elles doivent être complétées par la mise à disposition effective des salariés et des agents publics exposés au risque de Coronavirus des protections nécessaires (masques, gel hydro alcoolique, etc.).

Cependant, cette situation « historique » ne doit pas constituer un motif de remise en cause des droits et du code du travail.

Pour rappel ! Le code du travail dans son article L 4121-1stipule que « L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; 2° Des actions d'information et de formation ; 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes ». De même l’article L 4131-1 du code du travail rappelle et impose que « Le travailleur alerte immédiatement l'employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d'une telle situation. L'employeur ne peut demander au travailleur qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d'une défectuosité du système de protection. Enfin, aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l'encontre d'un travailleur ou d'un groupe de travailleurs qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d'eux.(Article L 4131-3). »

Protéger les salarié(e)s, les travailleuses et travailleurs impose que ces principes légaux s’appliquent dans tous les secteurs économiques, qu’ils soient publics ou privés.

Notre syndicat ne peut accepter que l’on puisse jouer avec la santé. La « guerre » contre cette pandémie – à laquelle nous participons dans nos services- ne doit pas se transformer en guerre contre les travailleurs, du secteur privé comme du secteur public.

Pour nos services, si certaines mesures positives ont été prises– il était temps malgré certaines alertes qui remontent à depuis presque 3 semaines! -, nous invitons les agents à la plus grande prudence et à exercer leurs missions dans les limites qu’imposent les textes légaux.

Quant au droit de retrait, s’il doit être usé, il ne faut pas hésiter. Si les agents ont des motifs raisonnables de penser qu’ils sont confrontés à un danger grave et imminent, qu’ils se retirent de leur poste de travail. Cela sera à l’employeur de démontrer que ce danger était irréel !


Par ailleurs, des tests massifs des salariés et des agents public qui ont très souvent été exposés, parfois sans le savoir, au coronavirus, doivent être organisés dans un objectif préventif. "

De même, nous revendiquons l’arrêt des suppressions de postes dans les services et une loi de finance rectificative pour recruter de nouveau : les demandes de chômage partiel ont explosé, les agents en section devront faire un gros travail de contrôle lorsque l’orage sera passé, car les signalements risquent de pleuvoir concernant les mesures de préventions prises ou pas par les employeurs lors de cette pandémie. Les services informatiques sont sur la brèche, ainsi que tous les autres services.

La DDIsation doit être également arrêtée immédiatement, DDIsation dont nous savons qu’elle servira à masquer les suppressions de postes. Au contraire, l’urgence sociale est de recruter de nouveaux dans les ministères sociaux et notamment celui du Travail : plus d’agents, pour faire vivre nos missions au plus près des administrés.

Les remontées des entreprises indiquent que de nombreuses d’entre elles ont pris la mesure de la situation et font alors preuve d’un grand sérieux. Cependant, des employeurs manifestent de la désinvolture voire plus ou n’appliquent pas dans les faits leurs propres préconisations. Il est intolérable que la dimension de contrôle des mesures visant à combattre le Covid-19 s’arrête aux portes des entreprises !

Par conséquent, nous demandons à ce que tous les EPI soient mis à disposition des agents (masque FFP2, gants, lingettes, désinfectants, gel hydro alcoolique…) et cela immédiatement pour permettre aux agents de contrôle de mener à bien leurs missions si l’urgence le nécessite, et seulement dans ce cas là !.

Les politiques successives d’austérité ont mis à mal notre système de santé solidaire et égalitaire : 100 000 lits d’hôpitaux ont disparu depuis 1997, soit une moyenne de 8,49 lits pour 1000 habitants à cette date pour en 2018 5,98 lits. L’austérité budgétaire n’est pas un vain mot, il démontre de la manière la plus sordide aujourd’hui ses effets sociaux.

Nous apportons bien sûr notre soutien à tous ces fonctionnaires des trois versants de la fonction publique qui aujourd’hui ne ménagent pas leurs efforts pour apporter une réponse à la hauteur des valeurs de la République Française contenues dans le préambule de la constitution. Nos collègues hospitaliers notamment doivent bénéficier des mesures de protection maximales, là où on leur refuse parfois le minimum.

Aucun salarié travaillant dans un secteur « non vital » actuel ne doit être mis sous pression pour aller travailler. Au regard des informations partielles que nous avons, le projet de loi dit d’état d’urgence sanitaire permettrait aux employeurs d’imposer dès maintenant la prise de congés payés dans une limite de 6 jours (après « accord » - sous pression ?- des représentants du personnel dans les entreprises disposant un CSE, pour les TPE PME après accord unilatéral par retour de mail?) et un éventuel report des RTT… Pour 2021 !

Pour la confédération Force Ouvrière, l'urgence réside plutôt en la sécurisation des secteurs essentiels de l'économie et non la poursuite à tout prix de l'activité économique.

Il conviendra de parler de la reprise économique une fois la crise sanitaire terminée. Pour ce faire, il est nécessaire de ralentir la production, de faire tourner les équipes plutôt que de tout faire reposer sur les mêmes, réduire les horaires d'ouverture des commerces. En d'autres termes, tout mettre en œuvre pour mettre fin le plus rapidement possible à la crise du Covid-19.

Nous revendiquons également que les salariés du secteur privé touchent 100% de leur salaire dans le cadre du dispositif chômage partiel lié au COVID 19.