Paris, le 26 janvier 2022,


Nous avons appris avec beaucoup de tristesse la tentative de suicide d’une de nos collègues de Paris. Nos premières pensées vont à l’agente et à sa famille. Nous leurs assurons tout notre soutien ainsi qu’à ses collègues.

Cet acte désespéré pose nécessairement la question des conditions de travail, des relations sociales et professionnelles auxquelles l’agente a été confrontée. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur la situation, avec diligence, que des mesures appropriées soient adoptées dans les plus brefs délais, à l’issue de l’enquête CHSCT. Nous demandons qu’un accident de service soit reconnu pour cette agente, qu’une vigilance particulière soit exercée auprès de tous les agents qui sollicitent leur hiérarchie afin de leur faire part de leur détresse.

Les agents doivent enfin être écoutés, accompagnés avec bienveillance par leur hiérarchie pour trouver ensemble des solutions sans forcément faire peser de culpabilité aux victimes potentielles notamment au vu de la situation dégradée que nous connaissons tous concernant l’organisation des services, tant les moyens de fonctionnement attribués sont insuffisants (effectifs générant des intérims, bureautique défaillante). Nous demandons que la pression des chiffres cesse, que le rôle des responsables de service soit davantage axé sur le soutien des équipes, notamment au niveau technique sur les gestes “métier “plutôt que sur le pilotage des chiffres réalisés.

Nous revendiquons que des mesures efficaces soient prises au sein des sites pour recenser les états de souffrance afin que l’administration agisse avec efficacité. Cet acte désespéré doit nous amener à nous questionner pour nous conduire à plus de raison, plus de vigilance, plus de solidarité entre collègues. Nous ne voulons pas que les actes de Romain, de Luc … et de tous ceux qui ont alertés aussi et se sont opposés à leur façon ne trouvent en réponse qu’inertie de l’administration et surdité. Actuellement les agents subissent depuis près de deux ans et demi des conditions de travail inacceptables générant des RPS de type organisationnels qui tendent à devenir structurels. Ces désorganisations détruisent peu à peu l’amour du métier, les perspectives d’amélioration à court terme sont inexistantes, les perspectives de carrière sont devenues bien sombres. Nous demandons que l’État  employeur  applique enfin les dispositions du livre IV du code du travail en matière de résultats dans le domaine de la santé et de la sécurité : tous ces appels au secours doivent être écoutés et entendus !


Les sous-effectifs chroniques et les conséquences de la réforme de l’OTE sur le quotidien des agents rendent urgent la mise en place d’un plan de continuité d’activité suspendant le plan national d’activité 2022 sans attendre les résultats de l’enquête CHSCT concernant le geste de notre collègue tant la situation est détériorée dans nos services. Cette décision salutaire soulagerait les secrétariats, les agents de contrôle et la hiérarchie intermédiaire.