Réforme des retraites : pour FO TEFP c’est toujours non !


Le 10 janvier 2023, le gouvernement a dévoilé son projet de réforme des retraites. Pour le gouvernement, il n’y a pas à transiger, c’est le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans à 64 et l’allongement des années de cotisation de 42 annuités à 43 annuités pour obtenir une retraite à taux plein.

Une réforme nécessaire ? Non bien sûr ! La réforme est présentée comme incontournable d’un point de vue financier. Le rouleau compresseur médiatique est en marche depuis des années pour nous imposer l’idée qu’au final, il n’y aurait aucun autre choix à faire.

Mais les faits sont différents, la situation n’est pas celle décrite par les gouvernements successifs. Voici des éléments objectifs que nous vous livrons, dont une partie est issue des projections de septembre 2022 du conseil d’orientation des retraites (COR) :


63 ans : c’est l’âge moyen d’espérance de vie en bonne santé pour un homme. Il est de 64 ans pour une femme.

25,5 ans : c’est la durée moyenne de bénéfice de la retraite. En 2030, la durée moyenne serait de 23 ans avec le recul de l’âge légal de départ.

25% : C’est la proportion des salariés les plus pauvres qui décèdent avant 62 ans.

12 milliards : C’est le « déficit » prévu des caisses de retraites en 2027, sur 300 milliards de budget consacré aux retraites.

150 milliards : c’est le montant des exonérations de cotisations sociales tous les ans, sans contrepartie.

14,7% : c’est la part des dépenses des retraites dans le PIB en 2020. Elle est de 13,9% en 2022.

11,75% : c’est la part des traitements indiciaires pour les retraites en 2010. Elle est de 10% en 2022.

– 0,4% : En 2021, les dépenses de financement pour les retraites ont baissé, le système est bénéficiaire. L’augmentation des dépenses serait de 0,1% en 2027.

4,5% : c’est le taux de chômage qu’il faudrait atteindre pour que le système des retraites ne voit aucune progression de financement en pourcentage dans le PIB.

30% : C’est le taux d’emploi des seniors.

56,5 milliards : montant des dividendes versés aux grands groupes du CAC 40 en 2022 ; En 2021, c’était 45,6 milliards. En 2020, 28,6 milliards.


Ces quelques chiffres rappellent donc que cette nouvelle réforme n’est pas justifiée économiquement, elle n’est que le fruit d’une vision néolibérale qui veut privilégier les fonds de pensions et autres système assurantiel au détriment de la sécurité sociale solidaire et égalitaire et des systèmes de retraite actuels dits « spéciaux » (code de pensions civiles et militaires, IRCANTEC, CNRACL…). Rappelez-vous en 2008 ! Les fonds de pensions se sont écroulés, des millions de salariés ont vu leur retraite disparaitre !

Pour FO TEFP, cette réforme ne doit pas aboutir : ni réforme systémique, ni réforme paramétrique, aucun recul de l’âge légal pour partir à la retraite n’est acceptable. 62 ans c’est déjà trop, 42 ans de cotisations aussi.

Nous revendiquons le maintien des 42 régimes spéciaux de retraite – le code des pensions civiles et militaires en est un- et l’intégration des primes dans le traitement (qui échappent largement au calcul des droits à la retraite via le régime additionnel de la fonction publique), mais également la baisse des années de cotisations pour toucher une pension-retraite à taux plein ,ainsi qu’ un calcul maintenu sur les six derniers mois de traitement et sur 75% du traitement. Sans oublier que les fonctionnaires ne touchent pas, eux, une indemnité de départ à la retraite.

Sans parler de l’emploi des seniors que certaines entreprises virent quand ils ne sont plus « rentables » !

Préparons-nous à nous mobiliser sur ces revendications à partir du 19 janvier 2023 !

Toutes et tous en grève pour obtenir l’abandon de cette contre-réforme !