En juin 2024, le président de la République décidait de dissoudre l’Assemblée nationale. Le résultat des élections législatives se traduisit par la transformation de la majorité présidentielle en une minorité parlementaire absolue. Le pays est resté près de trois mois sans gouvernement. Après près de deux mois d’exercice, le gouvernement Barnier est tombé par l’effet d’une motion de censure à l’Assemblée nationale.
Ce gouvernement éphémère n’a eu qu’un seul objectif : instaurer la rigueur budgétaire pour toute la population, et notamment les services publics. Après le quoi qu’il en coûte évalué à 600 milliards d’euros et plus de 20 milliards d’euros de suppression de crédits par le gouvernement précédent en début d’année, le projet de loi de finances 2025 prévoyait des coupes sombres inédites dans le budget de la nation : 60 milliards d’euros de réductions de crédits, avec à la clé un projet de loi de finances de la sécurité sociale minorant les droits à la santé, des retraites partiellement revalorisées au premier janvier 2025, des suppressions massives de postes de fonctionnaires, le permafrostage de la valeur du point d’indice, l’élargissement du délai de carence des fonctionnaires en cas de maladie ordinaire d’un jour à trois jours et la réduction des indemnités maladie à hauteur de 90% de la rémunération à partir du quatrième jour, l’abandon de la GIPA.
Cette volonté d’instaurer l’austérité budgétaire à hauteur de celle de 1983 continue à être rejetée par l’écrasante majorité de la population et par les salariés. De plus, elle a au passage accentué le fonctionnaire bashing, déjà à l’œuvre depuis des années, en laissant supposer que la fonction publique était à l’origine de la dette publique, plutôt que de conforter les services publics comme richesse première de la nation, avec la sécurité sociale. Il n’est pas admissible qu’on cherche à opposer les travailleurs du secteur privé avec ceux du secteur public.
Cette politique infernale ne doit pas être mise en œuvre, ni demain, ni après-demain. Au contraire, l’heure est au renforcement des droits sociaux et des services publics.
C’est la loi de finances de 2024 qui devient la référence pour engager les dépenses publiques de 2025 jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement et une nouvelle discussion parlementaire.
L’abandon des projets de loi de finances et projet de loi de financement de la sécurité sociale 2025 a un impact direct sur 2 attaques fortes contre les fonctionnaires et agents publics :
– les suppressions de postes prévues au budget 2025 disparaissent ;
– le projet concernant les 3 jours de carence et la réduction de 10% de l’indemnisation des jours d’arrêt maladie est abandonné.
De plus, la reprise de la loi de finances 2024 doit permettre de rétablir la GIPA.
Face à ce constat, FO Fonction publique décide de suspendre son mouvement de grève des 10, 11 et 12 décembre dans l’attente des orientations du nouveau Gouvernement, mais lance un avertissement solennel au prochain gouvernement : reconduire des mesures anti-fonctionnaires relancera immédiatement un nouvel appel à la grève.
Abolition des contrôles dans les exploitations agricoles
Le 5 décembre 2024, le responsable de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a déclaré qu’il n’y aurait plus de contrôles dans les exploitations agricoles du fait de la chute du gouvernement.
Nous demandons au gouvernement de rappeler que les missions des services de l’État relèvent des ministres de tutelles. Quand bien même ils seraient démissionnaires, les ministres sont toujours garants de l’application de la règlementation et de la santé et de la sécurité de leurs agents dans l’exercice de leur fonction. Aussi FO TEFP demande une réaction publique.