Nous nous réunissons ce jour dans le cadre de la formation santé sécurité et conditions de travail ministérielle travail emploi, vingt-quatre heures après la vague de canicule qui a déferlé sur l’hexagone, les températures ayant dépassé ici et là les 40 C°. Notons au passage que ce phénomène a débuté dans certains départements du sud de la France depuis le 10 juin 2025.
Nous nous étonnons dans un premier temps que vous n’ayez pas réuni de FSST en urgence sur le sujet, afin d’anticiper les risques professionnels induits, en les repérant, les analysant et en mettant les moyens de supprimer ou réduire ces risques.
Le gouvernement a fait beaucoup de bruit autour du décret du 27 mai 2025. Si ce décret modifie le code du travail en y introduisant quelques mesures nouvelles, il manque l’essentiel : De vrais pouvoirs de le faire appliquer, tel des niveaux de température qui permettraient sa lecture plus aisément plutôt que des niveaux de couleurs qui, si le sujet n’était pas si grave, rappellent les gommettes de couleur de l’école élementaire. Enfin, bien sûr, il manque la possibilité d’arrêter l’activité économique par décision administrative. Si les manquements sont si graves, autant les faire cesser !
Cela nous amène à vous poser la question qui coule de source (d’eau fraîche, bien sûr) : Quelles sont les mesures qui ont été mises en place pour les agents travail emploi pour mettre en œuvre les dispositions nouvelles du décret qui s’applique au premier juillet ? Quelles sont les remontées d’information que vous avez organisées pour avoir une vision panoramique de l’état de vos services, et bien sûr de l’état de santé de vos agents ?
Permettez-nous de vous signaler que dans vos services, la situation n’a pas été anticipée, les dispositions du décret non respectées en partie. Les administrations en sont encore à chercher pour exemple les thermomètres, égarés dans on ne sait quel carton, notamment celui de la réforme territoriale, à se demander si les climatisations fonctionnent, ou même s’il faut mettre des gourdes à disposition. Cela dit, à FO TEFP nous avons en partie la solution pour les gourdes : pour les plus chanceux d’entre nous, il suffit d’attendre le passage de la caravane publicitaire du tour de France et son lot de goodies, les plus chanceux auront la leur ( on ne peut vous assurer ni de la couleur ni de la réclame, vous pourrez le cas échéant faire des échanges entre collègues). Quant aux autres, ils devront s’en remettre à la sagacité de l’administration.
Un exemple parmi d’autre : un séminaire de RUC s’est tenu à Marcy l’étoile les 30 juin et 1 juillet. Il y a fait une chaleur insoutenable dans les locaux. Qu’en est-il des mesures prises pour que le décret du 27 mai 2025 soit effectif ?
Enfin, une question se pose pour faire respecter ce décret par les agents de contrôle : globalement il leur faut faire des contrôles aux heures les plus chaudes pour effectuer de meilleurs constats. Cependant, contrôler à ces heures les expose à des risques pour leur santé, intégrant le risque routier. Quelle est la doctrine de la DGT sur le sujet ?
Le PAPRIPACT ministériel ne s’applique pas aux DDETSPP, c’est une confirmation de la fonction publique ! C’est le ministère de l’intérieur qui est compétent pour les agents concernés en DDI. On ne peut donc pas demander les documents et données santé sécurité des agents des DDI.
L ‘analyse des risques qui avait été proposée ne convient pas aux syndicats, c’est la même qui est présentée trois semaines après. L’administration prend acte du recours que les syndicats vont formuler contre l’instruction du 9 mai 2025.
Fortes chaleurs (AC,DREETS) : il y a eu un rappel des consignes, il y a eu une FSST d’administration centrale sur le sujet la semaine dernière. Le ministre de la fonction publique a diffusé une instruction sur le sujet il y a deux jours. Les alertes éventuelles des situations problématiques en DDI seront relayées auprès du ministère de l’intérieur, concernant l’INT et les fortes chaleurs d’il y a deux jours c’est au directeur de la structure de prendre les mesures nécessaires.
La situation de trois IET a été évoquée (titularisation non acquise pour absences liées à la grossesse notamment). La DRH se renseigne.
FO est intervenu sur les situations des collègues stagiaires de l’INT, les mesures prises pour lutter contre la canicule pour les agents itinérants (travail, emploi, formation professionnelle) et la responsabilité de la DRH de protéger la santé de ses agents quand ils sont à l’INT.
La prévention et les postures à tenir en cas d’agression notamment vont faire l’objet d’une instruction d’ici la fin de l’année, et une autre instruction sera transmise aux structures pour qu’elles relaient des situations difficiles en local.
Deux axes sont retenus :
Il est préconisé de s’assurer de la fiabilité des données, de la bonne formation des assistants de prévention, l’accompagnement des chefs de services pour l’élaboration des DUERP, veiller au suivi des registres, mieux faire connaître les procédures de déclarations, ainsi que les offres de formation de lutte contre les RPS, rappel des droits et obligation en matière de télétravail, s’assurer de la bonne formation des conseillers de prévention dans le domaine de la prévention des violences sexistes et sexuelles.
Nous l’avons déjà indiqué, le PAPRIPACT est en dessous des enjeux d’évaluation des risques et des mesures à mettre en œuvre, mais également de par la méthodologie pour constituer le PAPRIPACT.
Ce projet avait fait l’objet d’une déclaration unanime des organisations syndicales en juin 2025, pointant notamment des manquements de dialogue social, de thématiques et de périmètre (désormais, le périmètre est connu, il exclut la moitié des agents travail-emploi).
Si la DRH a apporté de nombreuses précisions lors de la séance et amélioré sensiblement le projet, le résultat est encore loin de prendre en compte des sujets incontournables, dont ceux portés par la représentation syndicale.
Vote sur le projet
CONTRE : FO UNSA CGT SUD FSU
ABSTENTION : CFDT