Le gouvernement de François Bayrou a annoncé le 15 juillet 2025 vouloir mettre à la diète XXL l’ensemble du pays. Son objectif est d’économiser 43,8 milliards d’euros en 2026, en taillant tous azimuts dans les dépenses sociales, les services publics, et en augmentant les impôts sur le revenu des retraités. Ce projet qualifié d’Himalaya budgétaire est un Etna social : si les annonces devaient se réaliser, cela provoquerait une immense crise sociale et économique dans le pays, certains journalistes économiques prévoyant un affaiblissement de la croissance et de la consommation des ménages dès l’année prochaine, sur fond de perte de pouvoir d’achat.
La presse indique qu’au final les entreprises s’en sortent gagnantes. Pour le reste de la population, c’est après le bal du 14 juillet, la migraine assurée et les fins de mois difficiles. Alors même que les grandes entreprises du CAC 40 ont touché plus de 120 milliards d’euros de bénéfices nets en 2024 et que les entreprises ont bénéficié de plus de 211 milliards d’euros d’aides l’année dernière sans droit de regard de la nation sur l’emploi (dont 77 milliards d’exonérations de cotisations sociales en 2024), plutôt que d’aller sur une réforme fiscale plus juste et redistributive, le gouvernement prétend prendre l’argent auprès de celles et ceux qui pour partie ont du mal à équilibrer leur budget.
Pour 2026, le menu est indigeste. De manière non exhaustive : gel du barème des impôts, des prestations sociales et des retraites avec suppression de l’abattement de 10 % pour les retraités, doublement de la franchise annuelle sur les remboursements de médicaments, révision du statut des affections de longue durée, suppression de deux jours fériés (la durée annuelle légale du travail passerait-elle désormais à 1621 heures, ou c’est le retour de la double corvée annuelle?), tour de vis au niveau de l’assurance chômage contre les droits des salariés privés d’emploi (alors même que les dernières mesures ont déjà réduit les durées d’indemnisation).
L’année blanche budgétaire voulue par le gouvernement est assurément une année noire pour l’écrasante majorité de la population et des agents publics !
Cette politique ne doit pas passer, nos revendications au contraire doivent être entendues et honorées. Par ailleurs, lutter à juste titre contre la fraude à l’emploi, le travail et la formation professionnelle en supprimant des ETP en continu depuis des années( les ministères sociaux ont perdu environ 35 % de leurs effectifs depuis 20 ans) montre bien que le gouvernement ne propose qu’un tour de magie de communication 2.0 !
Préparons-nous dès maintenant à organiser la riposte pour que ce programme de récession sociale et économique ne voit pas le jour !