Les gouvernements vont et viennent en ce moment. Curieuse époque, même si FO TEFP, syndicat libre et indépendant, ne choisit pas ses interlocuteurs politique ni le gouvernement. Pourtant, les services, les agents sont toujours présents eux. Les agents ont besoin que leurs attentes soient entendues, que leurs revendications aboutissent.
Parlons effectifs : en baisse de 30 % depuis 20 ans, il est devenu quasiment impossible de faire vivre les missions, sauf en pressurisant les agents, en les poussant jusqu’à la limite du burn out et des troubles psycho sociaux, réalités que vivent certains d’entre nous.
Parlons rémunérations : après le vol de 31,5 % de notre rémunération principale depuis 2000 (décrochage de la valeur du point d’indice comparé à l’inflation), les agents peinent à voir leur rémunération s ‘éloigner du SMIC pour une partie d’entre eux.
Parlons conditions de travail : dans les services déconcentrés notamment, les projets de relogements d’agents se traduisent par des bureaux plus petits, des open space, des conditions de restauration inégalitaires entre agents, d’une action sociale en berne en termes d’objectifs et de moyens, de la souffrance au travail…. Nous sommes loin des dispositions du Code du travail qui prévoient d’améliorer les conditions de travail. Sans oublier la précarité pour certains, cumulant contrats sur contrats sur des emplois permanents. Il faut trouver des solutions pour résorber massivement la précarité et stabiliser les équipes.
Parlons protection sociale : nous fêtons à quelques jours près les 80 ans de l’ordonnance qui institue la sécurité sociale. Cette conquête sociale – nous n’avons que des conquis sociaux non des acquis sociaux comme le déclarait Ambroise Croizat, ancien ministre du travail- est pillée par les exonérations de cotisations sociales depuis 1993, soit plus de 880 milliards d’euros. 211 milliards d’euros en 2024 de maquis fiscal (source, rapport du sénat), d’aides surtout aux grandes entreprises, qui loin de créer de l’emploi, reversent des dividendes aux actionnaires, avec plus de 120 milliards de bénéfices des grandes entreprises en 2024. L ‘argent public – l’impôt- sert non à créer de l’emploi mais des richesses de plus en plus immenses pour une minorité.
Et pourtant, il nous faut de la solidarité, de la justice pour protéger les plus faibles, des services étoffés en effectifs pour faire vivre les missions avec des agents correctement rémunérés. Tout le monde ici en conviendra.
Cette obligation qui s’impose à l’État régulateur se heurte à la volonté des plus riches à ne pas contribuer au projet d’un pays se dotant d’une administration puissante et outillée, puisque pour certains le matraquage fiscal doit viser les plus nombreux, c’est-à-dire les classes populaires et les classes moyennes.
Il faut pour financer les services publics et la sécurité sociale non pas des baisses de crédits de fonctionnement mais l’élargissement des rentrées fiscales et sociales.
D’un côté, les mêmes qui nous abreuvent de leur discours de patriotisme économique sont de vrais internationalistes de l’optimisation fiscale ! Il faut donc une réforme fiscale profonde pour financer le modèle social et les services publics, en taxant les profits boursiers, en arrêtant les allègements de cotisations sociales et les aides fiscales à l’aveugle.
De la justice oui il en faut, et la justice passe également par une rémunération des agents à la hauteur de leur engagement.
Outre l’augmentation de la valeur du point d’indice d’au moins 10 % immédiatement, Nous vous avions fait part en juin 2025 de l’inégalité de traitement vécue entre les agents d’une même DDETSPP en termes de socle d’IFSE. Côté travail emploi, les miettes. Côté MASA, 18,4 millions d’euros abondés dès cette année, alors que les socles d’IFSE du MASA étaient déjà supérieurs à ceux des MSO.
Nous demandons en urgence que l’IFSE des MSO soit à minima relevé à la hauteur des 18,4 millions d’euros du MASA.
Bien sûr, notre revendication absolue est que toutes les primes soient intégrées dans le traitement, le régime de primes étant un puissant facteur de RPS et de discrimination parfois entre agents.
Enfin, et dans ce cadre, vous ne cessez de nous parler d’attractivité des MSO. Dur dans un premier temps de rendre attractif le ministère quand vous organisez en 2026 un concours de 45 postes d’inspecteurs du travail, loin des 200 postes que vous avez proposés les années précédentes afin non de donner les moyens nécessaires faire assurer les missions mais pour éviter la pénurie presque totale d’agents de contrôle en ce domaine. Une GPEC tout sauf prévisionnelle.
L’attractivité, comme pour beaucoup de choses, c’est avant, pendant, après. Que vous versiez les rémunérations composées de X pour cent de primes ou de traitement indiciaire, cela au final revient dans l’immédiat à verser la même rémunération totale.
Vous avez le moyen de rendre plus attractif votre ministère. FO TEFP, qui est opposé au RIFSEEP, vous demande de mettre en œuvre une mesure simple qui rendra plus attractif les MSO.
Nous demandons que soit organisé sur 4 ans (ou moins si vous en êtes d’accord) un plan de transformation primes points de tous les corps travail-emploi, à savoir pour les adjoints dès 2026, 50 euros de prime transformé en point d’indice tous les mois en les intégrant dans les grilles indiciaires, puis de nouveau en 2027, 2028, et 2029. Le socle d’IFSE du groupe 2 des adjoints serait au final de 1200 euros annuels, avec 200 euros à la fin en plus dans le traitement indiciaire en 2029, ce qui aura un effet évident pour la pension ( 75 % du dernier traitement sur les 6 derniers mois).
Même choses pour les agents de catégorie B, SA et CT, avec un même plan de transformation dès 2026 de 80 euros mensuels de primes en points d’indice, ce qui amènerait le socle de l’IFSE du groupe 3 à 2160 euros en 2029.
Pour les agents de catégorie A, un même plan à hauteur de 150 euros par mois dès 2026 pendant 4 ans, ce qui porterait le socle du groupe 3 des attachés d’administration à 4800 euros annuels et celui des agents du corps de l’inspection du travail à 3300 euros dans l’état actuel de la situation pour ce corps. Pour ce dernier corps, nous demandons également l’harmonisation immédiate des socles sur ceux du corps des IASS, puisque qui dit BOP fusionné dit également égalité de traitement. ( soit 13 600 euros de socle d’IFSE).
Vous avez le pouvoir de mettre en œuvre des plans de transformation primes-points. Dans l’immédiat, cela ne vous coûtera rien du tout, mais au final les agents auront une retraite plus conséquente.
Enfin, nous tenions à vous alerter à nouveau de la situation d’une inspectrice élève du travail. Chargée de famille et ayant ses intérêts matériels et moraux dans un département ultramarin, cette dernière risque d’être à refuser le bénéfice de son concours, puisque vous refusez de respecter l’usage qui a toujours été appliqué pour les affectations de laisser l’agent dans sa résidence administrative d’origine lorsqu’un poste y est ouvert. Nous vous demandons un réexamen bienveillant et urgent de la situation.
Merci de votre écoute et de votre accord pour engager ce processus.