Réunion avec le ministre du Travail : nos revendications demeurent

Une réunion de travail s’est tenue le 26 janvier 2026 entre le ministre du Travail, Monsieur Jean-Pierre FARANDOU et l’ensemble des organisations syndicales représentatives du travail et de l’emploi. Un format d’une heure peu propice aux échanges. Malgré un contexte de fonctionnaire « bashing » et de remise en cause constante de nos missions et nos conditions de travail, FO TEFP est restée force de proposition.

Notre déclaration

Monsieur le Ministre,

Notre ministère a perdu 35% de postes en 20 ans, et nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une précarité galopante dans les services. Une solution pérenne doit être trouvée pour nos collègues en CDD qui occupent des postes permanents.
Ce ministère a très largement contribué à la réduction des effectifs dans la fonction publique et aujourd’hui le train du ministère du Travail est resté à quai.

Nous souhaitons maintenant rattacher les wagons et nous engager dans un mouvement constructif afin que le ministère se remette en mouvement à l’occasion de négociations sur ce thème.

Concernant nos revendications sur les rémunérations, elles sont nombreuses. Force est de constater que notre ministère est particulièrement peu attractif, notamment sur la question des primes et sur les grilles des corps particuliers qui sont à votre main.

Les récentes annonces du ministère de la fonction publique quant au déroulé de carrière et au parcours professionnel des attachés de l’administration de l’État sont à saluer et tendent à une juste reconnaissance de nos collègues. L’absence de revalorisation sérieuse de la grille du corps de l’inspection du travail , les difficultés d’accès des inspecteurs du travail au 2ème grade du corps ainsi que l’absence de perspectives pour l’accès au grade de directeur du travail rendent les métiers de l’inspection du travail inattractifs par rapport aux autres corps de la fonction publique. Faute d’action de votre part, tant sur la grille que sur le parcours professionnel, le corps de l’inspection du travail sera en danger.

Nous vous invitons à comparer les politiques indemnitaires RIFSEEP d’autres ministères avec le nôtre.

Vous recevez ce jour l’ensemble des organisations syndicales représentatives du champ travail-emploi pour une réunion de travail d’une heure. Ce format ne nous convient pas, puisque qu’un temps aussi court ne nous permettra pas d’aborder sur le fond, l’ensemble des sujets essentiels.

C’est pourquoi, nous ne nous concentrerons que sur quatre points. Bien évidemment, nous demandons l’engagement d’autres échanges notamment sous la forme de réunion bilatérale.

1/ Les plafonds d’emploi étant en constante diminution, la situation n’est plus tenable dans certains services. Ils ne sont plus en état de fonctionner, faute d’effectifs.
Concernant l’inspection du travail, le ministère maintient des situations d’intérims qui n’ont plus rien de conjoncturels mais sont structurels (sections non ouvertes à la vacance).
FO TEFP vous demande de prendre de manière immédiate les mesures qui s’imposent notamment par la mise en place de plans de continuité d’activité qui répondent au principe d’adéquation entre les moyens et les missions.

Pour certains collègues, les situations d’intérims permanents deviennent intenables.

Comment aller défendre le fait que des salariés d’entreprise puissent bénéficier de conditions de travail décentes alors qu’elles ne sont même pas assurées dans nos propres services ?

Le nombre de lauréats retenus au dernier concours d’inspecteur n’est pas de nature à nous rassurer, bien au contraire ! Et que dire de la grille dont nous attendons une revalorisation significative depuis trop longtemps.

Le rejet d’intérims par certains collègues peut être compréhensible même s’il ne répond pas aux attentes quant à la qualité du service public que défend Force Ouvrière pour tous les usagers.

2/ La baisse des recrutements et donc des effectifs contribuent à un vieillissement de la pyramide des âges dans notre ministère. L’intensification du travail, le recul de l’âge légal de départ à la retraite et la dégradation du pouvoir d’achat contraignent les collègues à repousser leur date de départ.

FO TEFP demande l’ouverture de discussions sur la retraite progressive et/ou la mise en place de dispositifs dits « fin de carrière » afin d’éviter la hausse prévisible de l’absentéisme de longue durée et également d’éviter la détérioration générale de l’état de santé de nos collègues en fin de carrière.

3/ Nous ne sommes plus dans un contexte de disette en matière budgétaire dans ce ministère, c’est tout simplement la pénurie. Vous n’avez pas d’argent ? Nous vous proposons une revendication qui ne coûtera rien en 2026 !

Pour FO TEFP, l’attractivité c’est avant, pendant et après. Lors du dernier CSA ministériel, nous avons proposé un plan d’intégration partiel des primes dans le traitement. Dans l’immédiat, ce transfert n’augmenterait pas le budget de fonctionnement et constituerait un plus pour nos collègues quand ils partiront à la retraite.

4/ Monsieur le Ministre, l’égalité professionnelle est-elle toujours une priorité ? Oui semble-t-il puisque le système d’inspection du travail se voit demander, à juste titre, d’y veiller dans le secteur privé. L’index égalité professionnelle de notre ministère invite à balayer devant notre porte avec une note de 5 sur 10 pour les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes pour les personnels contractuels. L’explication est simple : les métiers les plus féminisés sont moins bien payés dans vos répertoires de rémunérations. La direction des ressources humaines nous a promis une ouverture de négociation sur les contractuels (que nous attendons toujours) mais sans moyens. Une négociation s’ouvre sur l’égalité professionnelle, toujours sans moyens !

FO TEFP vous demande une négociation sincère afin de permettre une réduction concrète des écarts de rémunération femme/homme pour l’ensemble des personnels dont vous avez la tutelle.

Nous vous remercions pour votre attention.

Les réponses du ministre du Travail aux organisations syndicales

Une délégation des organisations syndicales, dont Force Ouvrière, a été reçue le 26 juin 2026 à 16h30 par le ministre du Travail et des Solidarités. Cette réunion s’inscrivait dans un cadre de dialogue social voulu par le ministre Jean-Pierre FARANDOU, qui a indiqué souhaiter renouveler ce type d’échanges de manière régulière.

Un ministre qui annonce être à l’écoute…

En ouverture de la réunion, le ministre s’est présenté comme un acteur du dialogue social, rappelant son expérience professionnelle passée à la SNCF. Il a indiqué être favorable à la tenue de réunions de dialogue social, auquel il accorde une grande importance, plusieurs fois par an et a précisé que l’objectif principal de cette rencontre était avant tout l’écoute des organisations syndicales.

Un contexte budgétaire fortement contraint

En réponse aux différentes interventions, le ministre a insisté sur un contexte budgétaire général très contraint, qui limite fortement les marges de manœuvre du ministère, tant en matière d’effectifs que de moyens. Il a néanmoins indiqué qu’un regard particulier serait porté sur les priorités de l’Inspection du travail.

Inspection du travail : une indépendance réaffirmée

S’agissant de l’organisation de l’Inspection du travail et de la réforme ayant instauré une double tutelle, le ministre a reconnu que cette situation génère des difficultés. Il a toutefois précisé qu’aucune réforme structurelle n’était envisagée à ce stade.


Il a tenu à réaffirmer son attachement à l’indépendance du corps de l’Inspection du travail et a indiqué qu’un point serait réalisé afin de vérifier les conditions d’exercice des missions, tant au niveau des DDETS(PP) que des DREETS.

Accidents du travail : une priorité affichée

Le ministre a reconnu que la question des accidents du travail constitue un enjeu majeur.
Il a annoncé qu’un plan d’action est en cours de finalisation, avec pour objectif de réduire le nombre d’accidents graves et mortels. Cette démarche s’inscrirait dans une politique renforcée de prévention.

Contrôle en agriculture et soutien à l’Inspection du travail

Concernant le contrôle unique en agriculture, le ministre a indiqué qu’un rappel serait adressé à la profession. Il a également affirmé qu’il resterait un soutien constant du corps de l’Inspection du travail, y compris dans ce secteur.

Effectifs : un objectif de couverture de toutes les sections d’inspection

Sur la question des effectifs, le ministre a indiqué que l’objectif affiché était que 100 % des sections d’Inspection du travail soient pourvues, reconnaissant ainsi les difficultés actuelles liées aux postes vacants.

Apprentissage et lutte contre la fraude

Le ministre a rappelé que 24 milliards d’euros ont été consacrés à l’apprentissage en 2024, politique qui a conduit à un triplement du nombre d’apprentis. Il a toutefois reconnu l’existence de détournements de fonds publics.
Il a précisé que des sanctions lourdes seront désormais mises en œuvre, avec un renforcement des contrôles, notamment dans le cadre d’une loi dite « anti-fraude ».

Les grandes orientations du ministère

Le ministre a présenté les principaux axes de son action :

  • Ouvrir des débats publics sur le travail, l’emploi et les retraites, ainsi que sur le financement de la Sécurité sociale.
  • Un débat sur le travail et l’immigration est également envisagé, au regard des besoins futurs en main-d’œuvre.
  • Poser un cadre clair pour répondre aux besoins des entreprises, anticiper les compétences nécessaires et accompagner les mutations économiques, notamment dans le secteur automobile.
  • Faire de la jeunesse une thématique transversale de l’action ministérielle.
    Améliorer l’efficience de l’action publique, afin d’éviter la dispersion des missions et des moyens des agents.

Rémunérations, budget et priorités

Le ministre a rappelé que le contexte budgétaire reste contraint et que le ministère compte 18 % de personnels contractuels.

Il a confirmé une réduction globale du budget, tout en indiquant que des efforts sont maintenus sur les missions régaliennes, en particulier celles liées à :

  • l’accès à l’emploi,
  • l’insertion par l’activité économique,
  • l’insertion locale, considérée comme prioritaire.

Compte personnel de formation (CPF)

Le ministre a annoncé un recentrage du CPF sur le travail et l’emploi. Le financement de certaines formations, comme le permis de conduire, ne serait plus systématique, sauf lorsqu’il est indispensable à l’accès ou au maintien dans l’emploi.

Perspectives de dialogue social

Enfin, le ministre a indiqué souhaiter poursuivre les échanges avec les organisations syndicales dans un délai de trois mois, dans le cadre du dialogue social.