Accord sur l’égalité professionnelle femmes-hommes dans les ministères sociaux
UNE NEGOCIATION AU RABAIS !
Les agentes méritent mieux que ça. FO ne participera pas !

Force Ouvrière est profondément attaché au dialogue social et sera toujours à la table des négociations dans l’intérêt des agents. Encore faut-il qu’il y ait un intérêt à négocier…

Quels sont les sujets de la négociation ?

La gouvernance des politiques d’égalité

Comment la DRH s’organise pour exécuter son plan d’action, se structure, communique son plan pour le faire connaître et évalue son action. Mais qui est surtout un sujet d'organisation interne à la DRH des MSO

L’égalité d’accès aux métiers et aux responsabilités

Faire connaître les métiers genrés, respecter la législation pour les recrutements, former les agents... Positif mais déjà mis en oeuvre via les plans précédents. L'administration projette de mobiliser le fonds pour l'égalité professionnelle dans la fonction publique pour des projets locaux qui pour FO devrait être utilisé pour réduire les écarts de rémunération... sauf que c'est non !

Réduction des écarts de rémunération et de déroulement de carrière

L'administration creusera pour identifier pourquoi il y a des écarts de rémunération. Il n'y a pas d'enveloppe, donc l'administration brode. Quant à la prévention des discriminations pour l'attribution des primes et des promotions, le travail est enclenché depuis plusieurs années et produit des effets positifs. C'est une bonne chose de le graver à nouveau dans le marbre, mais cela répond à l'obligation légale prévue à l'article L332-2 du CGFP.

Équilibre entre vie personnelle et professionnelle, accompagnement de la grossesse et de la parentalité

L'accompagnement à la parentalité fera l'objet d'un meilleur suivi et d'une meilleure communication : les RH y veilleront... alors que la chaîne RH a été brisée par l'OTE. En bref, vous serez mieux informés sur les droits existants. L'administration propose d'étendre les possiblités de garde des agents des ministères. Elle a déjà du mal à réunir les OS pour l'action sociale, alors en interministériel, nous avons peur que cela relève du "vœu pieux". Enfin, l'administration a tout de même une proposition innovante : expérimenter une offre de soutien scolaire. L'idée est bonne et ne coûterait rien puisqu'elle serait assurée par des agents volontaires et bénévoles.

Prévention du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles

Sera évoqué l'organisation d’évènements, sensibiliser et former, assurer un traitement efficace des cas de VSS, droits des victimes,... A FO, on se félicitera au moins que sera négocié un axe sur le soutien des agentes et des gents subissant des violences intra familiales.

Prendre en compte les specificités de la santé des femmes au travail

Négocier sur cette thématique est pour l'occasion vraiment innovant. Voyons le verre à moitié plein, commencer à prendre en compte les spécificités de la santé des femmes au travail est déjà un début. Les propositions de l'administrations sont timides : mises en place de "sorority box" pour lutter contre la précarité menstruelle (juste la boite, charge aux agents d'y déposer des protections hygiéniques), encourager les femmes à l'activité physique et sportive et communiquer et sensibiliser sur les pathologies qui altèrent la santé des femmes.

En résumé, l’administration propose :

  • globalement de poursuivre ce qui se faisait avant 

  • de s’engager à respecter la loi

  • fait des propositions sur lesquelles elle n’a plus pleinement la main puisqu’elle ne maîtrise plus l’entièreté de la chaîne RH

  • quelques points intéressants mais dans le cadre de la DGAFP (pas de droits nouveaux)

  • de négocier un accord ministériel qui ne couvre pas l’ensemble des agents

Bref, une négociation de pure forme. Evidemment,  nous sommes favorables que soient maintenues des dispositions préexistantes, mais nous voyons bien que l’administration ne souhaite pas aller plus loin. Pour FO, c’est insuffisant. Notre organisation syndicale n’a pas vocation à négocier pour négocier ou à signer pour signer parce que le titre est joli !  Ce sera donc sans nous.  

Rémunérations ? Le désert !

La réduction des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes demeure la principale revendication de notre organisation syndicale en matière d’égalité professionnelle. Nous pensions l’objectif partagé avec l’administration. La bonne nouvelle : c’est le cas ! La mauvaise nouvelle : il n’y a pas de sous ! Pourtant, tenant compte de la pénurie budgétaire , FO proposait une seule mesure ciblée en faveur des contractuels, là où les écarts sont les plus importants et à la main du ministère : augmenter les minimas des recrutements pour les métiers les plus féminisés pour réduire l’effet bien connu de la ségrégation professionnelle.

L’administration préférera qu’on approfondisse les analyses sur les écarts de rémunération. Et les agentes attendront quelques années de plus ! Du coup, à quoi sert l’index égalité professionnel ? 5 sur 10 pour les écarts de rémunération femmes hommes pour les contractuels, l’analyse semble pourtant évidente !

Les limites de l'égalité

Les ministères sociaux sont composés de plusieurs « univers ». L’organisation territoriale de l’Etat, déconcentration managériale sont passées par là, nous sommes dans un ministère fragmenté. L’accord, tel qu’il nous est proposé, ne concernera pas les agents des ARS et des établissements publics administratifs.
Pour les DDI, c’est encore plus étrange : l’accord s’appliquera dans le champ des compétences des ministères sociaux (en d’autres termes, pas sur le champ de la santé et de la sécurité). Alors même que le ministère de l’Intérieur a bien précisé que leur propre accord s’applique aux agents qu’ils rémunèrent dans les DDI (c’est-à-dire les agents du Ministère de l’Intérieur, ce qui représente une petite partie de l’effectif).
Vous l’aurez compris : des agents seront couverts par un accord, d’autres non, d’autres partiellement. Dans un ministère qui a en charge la politique publique des sujets de l’égalité professionnelle et de la négociation collective, nous constituons un bien triste exemple. Pour FO, c’est non !

Gagner des droits nouveaux ?

Pendant ces négociations, il est question d’équilibre entre vie personnelle et professionnelle et accompagnement de la parentalité, de prendre en compte les spécificités de la santé des femmes. Toutefois, la Fonction Publique ne souhaite plus que leurs textes servent de base aux négociations mais soient applicables partout. Donc impossible de négocier des droits plus favorables au niveau ministériel. En réalité, c’est possible, mais ce n’est pas la ligne que développe la DRH de notre ministère. Par exemple, discuter d’ASA spécifiques pour la santé des femmes ? Ca sera non.

Nous dénonçons ce petit manège qui consiste perpétuellement à se renvoyer la patate chaude de la responsabilité. Les ministères qui renvoient la responsabilité au local ou à l’interministériel, l’interministériel qui demande de négocier à d’autres niveaux tout en imposant ses vues dans les marges qu’il a laissées, et au niveau local, renvoyer vers Paris quand cela arrange. 

Discriminations, harcèlement, VSS : stop au « pas de vagues ! »

Soyons honnête, pour la prévention des discriminations, des actes de violence, de harcèlement moral ou sexuel ainsi que les agissements sexistes, si tout n’est pas parfait, des progrès ont été faits : un grand nombre de dispositif existent et c’est tant mieux (psychologues, cellule LEA, Défenseur des droits, multiples procédures d’enquêtes). Sur le papier.
La question demeure : et après ? Si dans quelques cas, des sanctions sont prises, le problème majeur reste le suivant : il sera toujours préférable pour un responsable de « mettre la poussière sous le tapis » en déplaçant le problème et promouvant la victime… Pardon, déplacer la victime et promouvoir le problème. Plus simple encore, la DRH étant friande en innovation managériale : ne pas répondre…

Les agentes et les agents, méritent mieux que ça
Oui, des mesures de résorption des écarts de rémunération sont possibles dans ce ministère
Oui, notre administration doit montrer l'exemple
L'égalité pour toutes, parce que l'égalité pour tous !